Éloge de la transparence

J’écoute les murmures et rumeurs  dans les rues de la ville. Ce que j’entends le plus souvent c’est cette idée d’authenticité, d’ouverture et de partage de soi.

– Je suis quelqu’un d’authentique, dit l’un.

– Je suis ouverte aux gens, on peut me faire confiance, dit l’autre.

– Je suis un livre ouvert, rajoutera un autre.

– Je suis direct et franc, je dis ce que je pense. C’est ça l’authenticité. Vous me prenez comme je suis.

Est-ce vrai tout cela? Où n’est-ce qu’un leurre de notre identité pour nous donner bonne conscience? Je considère que les êtres humains sont fondamentalement bons. Je sais c’est discutable. Il y a des choix qui sont discutables en fonction de notre idée de la morale. Je sais ce qui est bon et mauvais, mais je ne suis pas une personne « morale » dans le sens de « rectitude ». Je suis pour le laisser être, la liberté, sans rien cautionner, en observant, sans juger des intentions d’une personne.

Cela m’intrigue donc cette idée d’authenticité. Si je me regarde authentiquement, je dirais que je ne suis qu’arrogance et ennui. J’aime les gens que j’aime et les autres me fascinent simplement au point où il peuvent devenir des personnage de roman ou de poème. Pour le reste ça ne m’intéresse pas. Les gens ne m’intéressent pas. L’humain et ses multiples facettes, sa nature mouvante et son désir de vouloir transcender sa véritable nature, c’est ce qui m’intéresse.

Qu’est-ce que le désir d’authenticité? Ce désir de vouloir crier à tout venant que l’on est unique, grand et vrai.

Même si physiologiquement et biologiquement il y a de grandes tendances et similarité, il n’y pas deux êtres humains qui possèdent la même combinaison d’expériences qui façonnent la psyché. C’est magnifique!

Depuis longtemps dans ma vie, j’ai choisi la transparence. La transparence de mon individualité au profit d’un choix quotidien d’état. Ce n’est pas la somme de mes expériences qui décidera de l’endroit où je ferai un pas. Et chaque jour, je réitère le choix. Chaque jour, je deviens transparence et je peins ma forme d’une couleur, de deux ou d’un arc-en-ciel de couleurs.

Et ce moment me rapproche de tout et de tous les êtres. Un instant où « JE » n’a plus de forme et n’est qu’une masse d’énergie pure que l’on peut créer à souhait.

N’est-ce pas cette authenticité qui nous appelle profondément?

Le désir de pure création?