L’appel du flocon – détail

flocons

L’art du flocon est sublime. Unique, précieux, éphémère et éblouissant.

Le flocon se dépose sans arrogance, ni jugement; un simple élan de grâce et d’abandon avant sa dissolution. Aucune attente.

Le flocon ne danse pas avec le vent d’hiver. Chacun accomplit sa tâche, jusqu’à l’éclosion des bourgeons. Solitudes parallèles.

Combien de flocons se déposent sous nos pas, ne suscitant qu’impatience, alors que leur beauté est inégalée?

Le flocon ne se demande pas s’il va par ici ou par là. Il y va tout simplement.

Jusqu’où suivrais-je un flocon? Jusqu’à ce que l’amour fonde.

Le flocon de tempête s’arme de glace.

La constance des saisons

Il y a quelque chose de rassurant à la ronde des saisons. Je ne pourrais pas vivre toute l’année à la chaleur ou au froid. Et même si la température (pluie, neige, grêle, canicule, etc.) n’affecte pas mes activités quotidiennes, que j’y porte très peu d’attention, l’idée du printemps à venir dans quelques semaines est apaisante.

Je n’écris pas de la même façon d’une saison à l’autre. C’est subtil. Ce n’est pas que mon comportement change. je reste malgré tout solitaire, passant de longue journée à écrire, chercher, comprendre. Mais chacune des saisons me donnent l’occasion d’expérimenter différents aspects de ma discipline quotidienne.

Au printemps, je flâne. J’observe ébahie la nature qui se révèle, dévoile ses charmes oubliés. J’écris paresseusement et chaque mot est un rayon de soleil capturé pour se réchauffer, alors que l’hiver se languis encore quelques instants.

L’été, c’est la frénésie. Les mots s’écoule en cascade rafraîchissante. Les idées explosent et se répandent en lave brûlante entre mes neurones. C’est aussi la saison où je parle le moins. Si j’ouvre la bouche, je crains que les mots ne s’enfuient et que j’oublie. Et pourtant, la source semble ne jamais se tarir.

À l’automne, je respire. La frénésie s’estompe et le flot des mots  a un débit beaucoup plus régulier. Je prends mon temps le matin avant de m’asseoir pour écrire, parce que je sais que l’histoire sera là. Parfois je n’écris pas. Je traîne un carnet et je note. J’écris les questions que mes personnages se posent. Je me demande pourquoi, ils feraient telle ou telle chose. Je cherche des nouveaux mots. Je m’égare dans des sites historiques et emmagasine des tonnes d’images d’inspiration.

À l’hiver, je dessine. En fait, ce sont des croquis incomplets d’images mentales d’objets, de vêtements, de corps et de paysage. Rarement les paysages. D’ailleurs, même dans mes histoires, je décris très peu les paysages. Surtout les ambiances. Par contre, je m’attarde aux détails. Mes écrits sont des esquisses, des pièces de casse-tête qu’éventuellement j’emboîterai.

Je comprends mieux maintenant pourquoi cela m’agace de voir que certains auteurs indépendants publient des livres (courts) à de courts intervalles. Il y a un rythme à respecter, des saisons à vivre pour qu’une histoire devienne un livre. Enfin, je suppose que chacun a son rythme. Mais je continue de croire que la frénésie de l’été est un leurre puissant. Il y a beaucoup d’idées, mais elles ne sont pas toutes bonnes tel quel.

C’est l’hiver, alors je dessine. Je poétise. Je m’attarde aux détails. Aujourd’hui, quelques réflexions sur les flocons…