Maintenant il y a nous

Hier je ne savais pas que ce maintenant était possible. N’est-ce pas étrange que pendant tant d’années, ce nous n’était pas possible. Plus possible pour tant de raisons, tant de défaites et de douleurs. je n’arrivais plus à expliquer, lorsque l’on me posait la question.

Comment se fait-il que toi? Quoi moi? Que tu sois seule…

Moi? Je ne suis pas seule. Jamais. J’ai l’amour avec un grand A partout autour de moi et surtout en moi. Non, je veux dire, seule, sans « quelqu’un »…

Mais c’est qui ce quelqu’un à qui l’on accorde tant d’importance. J’aime déjà avec une force inouïe les êtres qui partagent ma vie, pour deux jours comme pour dix ans.

Mais l’AMOUR?

J’ai médité sur la question. J’ai voyagé encore. J’ai demandé autour de moi. J’ai écouté ce que l’on m’a dit sur l’amour, à deux. Cet amour salvateur qui doit combler tous nos désirs, toutes nos attentes, tous nos rêves.

J’ai demandé. Et si mes rêves sont comblés, mes désirs répondus, que dois-je chercher? Et j’ai su que je l’avais déjà trouvé.

Partout où je vais, maintenant je marche et il y a NOUS. Ce n’est plus Moi et Vous. C’est NOUS.

Je ne suis jamais seule, car il y a nous. Pourquoi voudrais-je limiter cet amour, qui me porte, à une seule personne à qui je partagerais mon cœur, alors que le monde est si vaste et l’humain si beau.

Marchons ensemble.

GAF

 

Ces routes qui ne mènent nulle part et partout

J’ai regardé partout à la fois
Aspirant à grandes goulées
Le monde qui se dévoilait devant moi
J’ai marché sur des routes
Longues, droites, sans fin
Mais je préfère celles
Où mes pas se sont embourbés
Enfargés, liés, déchaussés

Celles où j’ai aimé
Où j’ai marché accompagnée

Je suis allée nulle part
Et partout en même temps
Je suis ici
Tout le temps

© Gaël Frédérique Deslandes
Napowrimo – jour 19

Avant l’assaut

kiss

Avant l’assaut

En surface la soie frémit
En dessous la peau rugit
Sous l’assaut de chaleurs indomptables
S’évanouissent les regrets

Immobile encore un instant
Un souffle retenu

L’infini recommencement du manège amoureux
Lumière soudaine, emballement du cœur
Un léger soubresaut
Une avalanche de doutes

Et pourtant, des gestes transparents
Un appel indubitablement sincère

Avancer d’un pas
Lever une main fragile
Sourire
S’aimer

© Gaël Frédérique Deslandes

Napowrimo – jour 1

Elle pleure

Mon amie la plus proche vient de perdre son père. Ils ont toujours eu, de mon point de vue, une relation étrange. C’est lui qui l’a élevé, seul.

Lorsque nous étions enfant, son père était le Père Noël du quartier. À l’adolescence, je crois qu’elle ne faisait qu’écouter. Elle ne lui parlait plus. Ne lui offrant que des silences tristes. Au début de sa vie adulte, elle l’a tout simplement ignoré… ne donnant plus de nouvelles pendant 11 ans. Je n’ai jamais compris. Un homme si charmant.

Il y a quelques années, elle l’a appelé et depuis c’était comme s’ils ne s’étaient jamais quitté. Mais plus encore, ils se tenaient la main. Ils se parlaient peu, mais se touchaient beaucoup.

En guise d’explication, elle me disait qu’elle avait fait la paix et que maintenant elle choisissait sa famille et l’amour de son père. Je n’ai jamais vraiment su pourquoi elle avait eu besoin de faire la paix.

Quand je la regarde, je vois une femme épanouie, libre et pleinement exprimée. Parfois, dans son regard, un nuage qu’elle a tôt fait de chasser. Mas je reconnais en elle, la profondeur des êtres qui ont regardé la mort en face et ont choisi de vivre. Un regard lumineux et émerveillé sur ce qui l’entoure et tourné vers l’avant.

La semaine dernière au salon funéraire, je l’ai vu inconsolable. Dans ses yeux, un lourd nuage gris qu’elle n’a pas chassé. Et dans toute la peine, il y avait tant de lumière.

Parce que malgré une enfance faites de violence, de silence, de colère, de peur et de tristesse, elle a choisi d’aimer. Peu d’entrenous trouverions assez de compassion dans nos coeurs pour aimer et pardonner à son bourreau, même si celui-ci est notre parent. Elle a toute mon admiration.

Elle m’a dit une chose qui me trouble encore… « Avec mon père, c’est complet. Il n’y a rien d’autre que de l’amour. Je suis libre. »

Mon amie pleure…