Temporaire

tete

Demain déjà
Un autre toi
Plus grand, moins mince
Temporaire

Frisson
Je t’appelle
Je t’espère
Éphémère

© Gaël Frédérique Deslandes 2015
Napowrimo jour 3

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Ces petits d’hommes

chaussures

Mon regard est attiré ces jours-ci par les enfants. Ou plutôt par les petits humains. J’oserais dire que je suis habituellement indifférente à leur présence autour de moi. À part les enfants de mes proches, je n’ai aucun élan émotif envers ces êtres.

Et pourtant je me surprends à les observer dans leur instantanéité, leurs extases, avec un regard non-affecté et distant. Il n’y a aucune intention derrière leurs actions, sauf peut-être celle de tout connaître, tout savoir, tout ressentir.

Je me souviens vaguement de ce moment. Une joie infinie à respirer, l’impression d’être sans limite et de pouvoir toucher à l’immensité de l’univers. Le ciel semble si proche et la liberté est un état constant.

Mon père me rappelle souvent à quel point j’étais une enfant enjouée, agréable et facile. Il y a peu de chose qui stimule chez moi de la colère ou de l’agressivité. Les drames du quotidien éveillent très peu d’intérêt. Et pourtant, je ne suis pas dénuée de passion ou de feu.

Ce qui est le plus fascinant, ce sont les adultes qui regardent les enfants et s’extasient en de longs oh! et ah! aigus. Réminiscence d’une époque révolue pour chacun d’entre nous? Une envie de redevenir libre, de découvrir, de s’extasier devant les minuscules riens de l’existence et jouer.

Jouer et rire. Tout simplement. Pas besoin d’être encore petit pour le faire. Et pourtant, j’oublie…

Je trinque à la liberté et à l’infini qui nous habite.

Éloge de la transparence

J’écoute les murmures et rumeurs  dans les rues de la ville. Ce que j’entends le plus souvent c’est cette idée d’authenticité, d’ouverture et de partage de soi.

– Je suis quelqu’un d’authentique, dit l’un.

– Je suis ouverte aux gens, on peut me faire confiance, dit l’autre.

– Je suis un livre ouvert, rajoutera un autre.

– Je suis direct et franc, je dis ce que je pense. C’est ça l’authenticité. Vous me prenez comme je suis.

Est-ce vrai tout cela? Où n’est-ce qu’un leurre de notre identité pour nous donner bonne conscience? Je considère que les êtres humains sont fondamentalement bons. Je sais c’est discutable. Il y a des choix qui sont discutables en fonction de notre idée de la morale. Je sais ce qui est bon et mauvais, mais je ne suis pas une personne « morale » dans le sens de « rectitude ». Je suis pour le laisser être, la liberté, sans rien cautionner, en observant, sans juger des intentions d’une personne.

Cela m’intrigue donc cette idée d’authenticité. Si je me regarde authentiquement, je dirais que je ne suis qu’arrogance et ennui. J’aime les gens que j’aime et les autres me fascinent simplement au point où il peuvent devenir des personnage de roman ou de poème. Pour le reste ça ne m’intéresse pas. Les gens ne m’intéressent pas. L’humain et ses multiples facettes, sa nature mouvante et son désir de vouloir transcender sa véritable nature, c’est ce qui m’intéresse.

Qu’est-ce que le désir d’authenticité? Ce désir de vouloir crier à tout venant que l’on est unique, grand et vrai.

Même si physiologiquement et biologiquement il y a de grandes tendances et similarité, il n’y pas deux êtres humains qui possèdent la même combinaison d’expériences qui façonnent la psyché. C’est magnifique!

Depuis longtemps dans ma vie, j’ai choisi la transparence. La transparence de mon individualité au profit d’un choix quotidien d’état. Ce n’est pas la somme de mes expériences qui décidera de l’endroit où je ferai un pas. Et chaque jour, je réitère le choix. Chaque jour, je deviens transparence et je peins ma forme d’une couleur, de deux ou d’un arc-en-ciel de couleurs.

Et ce moment me rapproche de tout et de tous les êtres. Un instant où « JE » n’a plus de forme et n’est qu’une masse d’énergie pure que l’on peut créer à souhait.

N’est-ce pas cette authenticité qui nous appelle profondément?

Le désir de pure création?

L’ondée

goutteAujourd’hui j’attend l’ondée qui lavera tout et me débarassera de la suie laissée par mes pensées. Je pense que je suis libre, libre d’esprit, libre de créer…
Mais avant l’élan, il y a toujours la peur qui retient, le doute qui paralyse, le feu arrogant de ces pensées noires qui me hantent.
Là j’attend l’éclair, la furie du vide et le saut…

Sa haine et moi (flash fiction)

La dernière chose que je me suis dites, c’est qu’elle m’aimait. Il est impossible d’haïr autant si on n’aime pas à la même intensité. Chaque jour, au réveil, elle était là, penchée sur moi à me regarder dormir. Toujours, elle m’en a voulu d’être arrivée avant elle. Une fatalité qui semble nous avoir séparé dès notre naissance. Une vie de haine et de colère, de rage ruminée et contenue, pour une minute trente deux secondes de différence.

Cela n’aura pris que deux minutes et je pars avec la sensation de la douce caresse de ses mains vibrantes de haine sur ma gorge.