Maintenant il y a nous

Hier je ne savais pas que ce maintenant était possible. N’est-ce pas étrange que pendant tant d’années, ce nous n’était pas possible. Plus possible pour tant de raisons, tant de défaites et de douleurs. je n’arrivais plus à expliquer, lorsque l’on me posait la question.

Comment se fait-il que toi? Quoi moi? Que tu sois seule…

Moi? Je ne suis pas seule. Jamais. J’ai l’amour avec un grand A partout autour de moi et surtout en moi. Non, je veux dire, seule, sans « quelqu’un »…

Mais c’est qui ce quelqu’un à qui l’on accorde tant d’importance. J’aime déjà avec une force inouïe les êtres qui partagent ma vie, pour deux jours comme pour dix ans.

Mais l’AMOUR?

J’ai médité sur la question. J’ai voyagé encore. J’ai demandé autour de moi. J’ai écouté ce que l’on m’a dit sur l’amour, à deux. Cet amour salvateur qui doit combler tous nos désirs, toutes nos attentes, tous nos rêves.

J’ai demandé. Et si mes rêves sont comblés, mes désirs répondus, que dois-je chercher? Et j’ai su que je l’avais déjà trouvé.

Partout où je vais, maintenant je marche et il y a NOUS. Ce n’est plus Moi et Vous. C’est NOUS.

Je ne suis jamais seule, car il y a nous. Pourquoi voudrais-je limiter cet amour, qui me porte, à une seule personne à qui je partagerais mon cœur, alors que le monde est si vaste et l’humain si beau.

Marchons ensemble.

GAF

 

Ces petits d’hommes

chaussures

Mon regard est attiré ces jours-ci par les enfants. Ou plutôt par les petits humains. J’oserais dire que je suis habituellement indifférente à leur présence autour de moi. À part les enfants de mes proches, je n’ai aucun élan émotif envers ces êtres.

Et pourtant je me surprends à les observer dans leur instantanéité, leurs extases, avec un regard non-affecté et distant. Il n’y a aucune intention derrière leurs actions, sauf peut-être celle de tout connaître, tout savoir, tout ressentir.

Je me souviens vaguement de ce moment. Une joie infinie à respirer, l’impression d’être sans limite et de pouvoir toucher à l’immensité de l’univers. Le ciel semble si proche et la liberté est un état constant.

Mon père me rappelle souvent à quel point j’étais une enfant enjouée, agréable et facile. Il y a peu de chose qui stimule chez moi de la colère ou de l’agressivité. Les drames du quotidien éveillent très peu d’intérêt. Et pourtant, je ne suis pas dénuée de passion ou de feu.

Ce qui est le plus fascinant, ce sont les adultes qui regardent les enfants et s’extasient en de longs oh! et ah! aigus. Réminiscence d’une époque révolue pour chacun d’entre nous? Une envie de redevenir libre, de découvrir, de s’extasier devant les minuscules riens de l’existence et jouer.

Jouer et rire. Tout simplement. Pas besoin d’être encore petit pour le faire. Et pourtant, j’oublie…

Je trinque à la liberté et à l’infini qui nous habite.

Éloge de la transparence

J’écoute les murmures et rumeurs  dans les rues de la ville. Ce que j’entends le plus souvent c’est cette idée d’authenticité, d’ouverture et de partage de soi.

– Je suis quelqu’un d’authentique, dit l’un.

– Je suis ouverte aux gens, on peut me faire confiance, dit l’autre.

– Je suis un livre ouvert, rajoutera un autre.

– Je suis direct et franc, je dis ce que je pense. C’est ça l’authenticité. Vous me prenez comme je suis.

Est-ce vrai tout cela? Où n’est-ce qu’un leurre de notre identité pour nous donner bonne conscience? Je considère que les êtres humains sont fondamentalement bons. Je sais c’est discutable. Il y a des choix qui sont discutables en fonction de notre idée de la morale. Je sais ce qui est bon et mauvais, mais je ne suis pas une personne « morale » dans le sens de « rectitude ». Je suis pour le laisser être, la liberté, sans rien cautionner, en observant, sans juger des intentions d’une personne.

Cela m’intrigue donc cette idée d’authenticité. Si je me regarde authentiquement, je dirais que je ne suis qu’arrogance et ennui. J’aime les gens que j’aime et les autres me fascinent simplement au point où il peuvent devenir des personnage de roman ou de poème. Pour le reste ça ne m’intéresse pas. Les gens ne m’intéressent pas. L’humain et ses multiples facettes, sa nature mouvante et son désir de vouloir transcender sa véritable nature, c’est ce qui m’intéresse.

Qu’est-ce que le désir d’authenticité? Ce désir de vouloir crier à tout venant que l’on est unique, grand et vrai.

Même si physiologiquement et biologiquement il y a de grandes tendances et similarité, il n’y pas deux êtres humains qui possèdent la même combinaison d’expériences qui façonnent la psyché. C’est magnifique!

Depuis longtemps dans ma vie, j’ai choisi la transparence. La transparence de mon individualité au profit d’un choix quotidien d’état. Ce n’est pas la somme de mes expériences qui décidera de l’endroit où je ferai un pas. Et chaque jour, je réitère le choix. Chaque jour, je deviens transparence et je peins ma forme d’une couleur, de deux ou d’un arc-en-ciel de couleurs.

Et ce moment me rapproche de tout et de tous les êtres. Un instant où « JE » n’a plus de forme et n’est qu’une masse d’énergie pure que l’on peut créer à souhait.

N’est-ce pas cette authenticité qui nous appelle profondément?

Le désir de pure création?

Moi en septembre

Septembre n’existe pas.

Il n’existe plus depuis si longtemps que j’en ai presque oublié pourquoi.

Il y a des chocs qui restent imprégnés dans mes cellules et qui malgré la légèreté, l’insouciance et les instants fugaces de paix intérieure m’étouffent l’âme.

Octobre et ses couleurs m’appellent et me font oublier qu’une ombre est passée.

L’espace d’une vie

coffin

La vie est courte, il faut en profiter, diront certains. Alors que pour d’autres, la vie semble un fardeau trop lourd à porter et qu’elle ne semble pas vouloir finir assez vite.

J’ai observé beaucoup les gens dans les dernières semaines et je suis triste de voir la lumière éteinte dans les yeux de plusieurs. Malgré la relation amoureuse, les beaux enfants, la maison, les vacances été comme hiver. Inexorablement un sentiment de défaite se dégage dans chaque geste, chaque parole. Il est donc facile à comprendre que l’on cherche dans les citations des penseurs, les mots qui nous confortent dans notre croyance que nous sommes heureux.

Je suis une errante. Je n’ai aucune attache émotionnelle (bon oui il y a ce chat d’une amie qui me rend gaga, mais elle m’oublie surement aussitôt que j’ai passé la porte!), et je peux partir où je veux, quand je le veux et revenir quand bon me semble. Oui, il y a des choses qui m’indignent et oui bien sûr que j’aime des gens. Mais la mort est passée tant de fois autour de moi que je ne perd plus de temps à frémir devant ma propre vie.

Suis-je heureuse?

Est-ce vraiment la question à se poser? Je me suis demandée si nous n’avions pas simplement accepté que le bonheur était LE but à atteindre ultimement. C’est comme de se poser la question « Où vais-je? » Y a-t-il réellement un endroit où aller? Quelque chose à atteindre dans un futur qui n’existera peut-être pas… De multiples artistes, penseurs, rêveurs, philosophies, économistes, etc. ont créé des échelles de bonheur et des barèmes pouvant mesurer le bonheur qui nous habitera au moment de notre mort.

Et si nous étions déjà heureux? Ici et maintenant. Le bonheur est un état que l’on espère permanent. Mais les larmes devant la perte d’un être cher éradiquent-elles toutes les traces de bonheur qui m’animaient la seconde avant?

Et si la mort frappait à ma porte à l’instant, lui demanderais-je d’attendre parce que je n’ai pas atteint la félicité tant recherchée?

J’aime la vie. J’aime les gens, autant les étrangers qui croisent ma route en silence ou en courtes conversations que les amis de longues dates qui nourrissent mon cœur et mon âme.

Et malgré que je passe ma vie à m’indigner et à errer sans grandes convictions devant les aberrations humaines, que je pratique la compassion (i.e. respirer profondément pour ne pas tout casser) et l’indifférence parfois je l’avoue, je me considère comme faisant partie du problème, plutôt que de la solution. Et c’est très clair pour moi que je suis ultra-privilégiée et que je peux choisir la plupart du temps mon expérience de vie quotidienne.

Je suis pour cette justice qui rend chaque être humain égal devant la mort. Et ultimement égaux devant la vie. Je n’entrerai pas dans un débat sur l’égalité des chances considérant que vous êtes nés dans un pays avec plus d’opportunités ou une famille prospère ou non. Ce n’est pas de ça dont je parle. Je parle de la vie, de respirer, de penser, de rêver.

Et aussi, du choix de garder la flamme allumée ou de l’éteindre…

 

 

En suspension

Parce qu’il est si facile de s’étouffer avec sa propre indifférence. Un piège sournois qui nous laisse vide et seul.

Mourir d’indifférence n’est pas le pire…. Imaginons l’assasinat de la main de nos incohérences.

L’ennui, l’ennemi pervers m’empêchant de voir et déguster de simples plaisirs, tel ce rayon de soleil lascif sur ma peau.

Au moins lorsque l’on meurt d’ennui, notre âme tremble et notre esprit cherche la prochaine joie qui nous sauvera.